La Naissance de l'Homéopathie

Hippocrates

Outre Hahnemann, qui est unaniment reconnu comme le père de l'homéopathie, deux autres médecins avant lui, apportèrent les prémisses de cette thérapeutique nouvelle.

Hippocrate (environ 460 av. JC, 370), médecin grec, est souvent vu comme le "Père de la médecine", fondateur de nombreux principes médicaux. D'après lui, la maladie était un mouvement agissant sur la totalité de l'organisme, engendrée par des réactions particulières et individuelles face aux influences de l'environnement ainsi que des phénomènes cosmiques. Cette hypothèse induisait que le rétablissement faisait intervenir la natura medicatrix, c'est à dire que les ressources de la guérison étaient présentes au sein de la nature et qu'à chaque malade convenait une thérapie appropriée. Déjà à l'époque, Hippocrate dessinait les contours de la guérison par les semblables, avec la formule : "Similia, similibus, currentur", qui sera reprise vingt et un siècles plus tard par Samuel Hahnemann.

Paracelse (1493-1541) s'employa à faire renaître les idées d’Hippocrate. En effet, il décida de se focaliser sur le principe du médecin grec prédemment cité : "les semblables guérissent les semblables". Et, des siècles avant Pasteur, Paracelse songea à déduire le remède du mal puisque le mauvais, avec le temps, tend à devenir bon. D'ailleurs, le lien entre la maladie et son remède lui semblait si crucial qu'il proposa même de nommer les maladies d'après leur remède : "Vous ne devriez pas dire: cela est du choléra, ceci de la mélancolie, mais : cela est arsenical, ceci est alumineux. Si vous dites : telle maladie est celle de la mélisse, telle autre de la sabine, vous avez déjà nommé la cure." L'homéopathie, fondée plus tard par Samuel Hahnemann, n'est que l'application de ce précepte.

Paracelse

En outre, Paracelse et Hahnemann partagent des traits de caractère qui font d'eux des précurseurs, très en avance sur leur temps. Tous deux étaient très francs dans leur interprétation de ce qui était nuisible ou salutaire pour le malade. Ils dénoncèrent les traitements communément utilisés à leur époque, mentionnant par exemple les "grossières impostures médicales dans le traitement de bois, le mercure et les purgatifs", ou encore une technique "plus folle et inutile que l'affaiblissante saignée" qui menaient à un "inévitable appauvrissement et un raccourcissement de la vie".

Cependant, contrairement à l'homéopathie préparée par dilution, les remèdes de Paracelse étaient souvent préparés sur la base d'un procédé d'extraction, de séparation ou de combinaison des substances.

C'est au XVIIIème siècle, lors de la lecture du Materia Medica de William Cullen, qui indiquait l'effet fortifiant de l'écorce de quinquinna sur l'estomac, que Hahnemann s'aperçut que les symptômes régressaient suite à l'action de la plante. Il observa une forte ressemblance entre les symptômes de "la maladie intermittente" (le paludisme) et les effets de l'écorce sur son corps. Suite à cette découverte, il entreprit de tester un maximum de produits dont l'effet thérapeutique était connu, sur l'homme sain, en remarquant à chaque fois cette similitude entre symptômes et effet du remède.

"Une substance qui serait en mesure de dérégler un être sain, en provoquant un ensemble de symptômes visibles, pourrait être en mesure de guérir un malade qui souffre de ces mêmes symptômes". Hahnemann fut le premier à énoncer cette loi qui valida "la loi de similitude". 

En poursuivant son étude, il formula la Doctrine Homéopathique. Bien que cette doctrine soit fondée pour partie sur des précepts faux en assurant que "le café, le thé et toutes les tisanes et infusions, les eaux de toilette et les parfums de toute espèce, les herbes potagères et médicinales dans les soupes, les légumes consistant en herbes, racines ou pousses médicinales, comme les asperges à longues pointes vertes, [...] le céleri, le persil, l’oseille, l’estragon, toutes les sortes d’ail et d’oignon », ainsi que : les dentifrices, les sous-vêtements de laine, la lecture en position allongée et la sieste" sont nocifs à la santé humaine, elle permit tout de même à l'homéopathie de se diffuser.

Historiquement, certaines substances étaient jugées comme indispensables à la médication, dont certaines furent réutilisées pour la fabrication de produits homéopatiques. En voici quelques exemples:

Des plantes et gommes-résines : gingembre, absinthe, aigremoine, camomille, morelle, tanésie, centaurée, safran, poivre, cannelle, quinquina, santal, sassafras, opium

Des plantes marines : éponge, coraline

Des animaux : coquilles d'œufs, corne de cerf, vipères sèches, crânes humain

Des minéraux, des terres et des pierres : antimoine, chaux de plomb, limaille de fer, mercure coulant, orpiment, chaux vive.

Des sels et des bitumes : alun, ammoniac,tartre, soufre

Des huiles : d'olive, de lin, de noix

* en italique : substances à l'origine de produits homéopathiques