L'homéopathie en Europe

6a00d8341c562c53ef013485a22d34970c-800wi.gifLe remboursement et le développement de l'homéopathie en Europe

Selon les pays européens, le paysage de la pratique homéopatique peut être très différent.

En France, leader dans l'utilisation de produits homéopathiques dans le monde, 53% de la population y auraient déjà eu recours pour se soigner, d'après une étude IPSOS publiée en 2011 pour les Laboratoires Boiron, contre seulement 34% en 2004. 35% des médicaments sont remboursés par l'assurance-maladie et souvent jusqu'à 100% par les complémentaires privées. Ce mode de remboursement, et un coût modéré, même en cas d'auto-médication, contribue au succès croissant de cette médecine en France. En outre, les consommateurs sont séduits par le fait qu'il s'agisse de produits naturels, qui respectent à la fois l'organisme et l'environnement. Plus de 30.000 médecins prescrivent des traitements homéopathiques, dont 5 000 sont homéopathes.

En Grande Bretagne, l'homéopathie est prise en charge par le National Health Service (NHS) depuis 1948, et remboursée partiellement, mais suscite régulièrement des polémiques notamment en période de restrictions budgétaires. Par ailleurs, et à la différence de la France, cette discipline peut être pratiquée par des professionnels non médecins. Pour l'anecdote, le Dr Peter Fisher, directeur du Royal London Homeopathic Hospital à Londres, est le médecin personnel de la famille royale.

En Allemagne, l'homéopathie est pratiquée à la fois par les médecins et par les heilpraktiker (naturopathes reconnus autorisés à pratiquer la médecine à l'exception d'un certain nombre d'actes médicaux). Tous les médicaments homéopathiques sont remboursés par l'assurance maladie, avec un attachement important de la population mais aussi des politiques à cette forme de thérapie.

En Autriche, l'homéopathie est officiellement acceptée comme une méthode de traitement. Dans la plupart des hôpitaux, un patient est en droit de consulter un homéopathe.

En Italie, l'homéopathie a connu une croissance très significative, avec environ 10% de la population utilisant ces produits. L'homéopathie n'a pas de diplôme reconnu car elle n'est pas considérée comme une spécialité mais comme une thérapeutique. Elle est prescrite à la fois par des médecins traditionnels et par des professionnels non médecins. Les produits ne sont pas remboursés, mais peu cher.

En Espagne, la situation est assez similaire, il n'existe pas de diplôme reconnu par le ministère de la santé, mais un nombre croissant de médecins, gynécologue, pédiatres s'y intéressent. Ni les consultations, ni les produits ne sont remboursés.

Désormais, l'homéopathie intéresse vivement la Belgique, où la demande des patients est croissante. D'après une étude IPSOS réalisée en 2011, 40% de la population y aurait recours façon régulière. Une des raisons principales avancées étant que l'homéopathie est rassurante. 20% des produits sont déjà remboursés par l'Etat et ce pourcentage devrait augmenter dans les années à venir.

Dans les pays d'Europe Centrale et l'Europe de l'Est, l'homéopathie est reconnue et se développe dynamiquement depuis déjà quelques années. En Bulgarie ou en Hongrie par exemple, de nouveaux programmes apparaissent dans les universités et permettent aux étudiants de  se spécialiser dans cette discipline. En revanche, en Roumanie, en République Tchèque, en Slovaquie et en Lituanie, le traitement homéopathique est encore peu répandu et aux prémices de son développement.