L'avis des professionnels

 

Depuis quelques années, il existe une forte mobilisation, notamment au sein de l'OMS, afin de combattre l'utilisation de traitements homéopathiques dans le cas de maladies graves, potentiellement mortelles, telles que le VIH, la malaria, la grippe, la tuberculose ou la diarrhée chez l'enfant.

L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) est l'autorité directrice et coordonnatrice, dans le domaine de la santé, des travaux ayant un caractère international, au sein des Nations Unies. Un certain nombre de médecins de l'OMS ont été amenés à témoigner de leur désaccord face à la vente de produits homéopathiques pour le traitement de telles pathologies.

Cette démarche fut à l'initiative de «The Voice of Young Science», groupement de jeunes chercheurs et médecins, qui prirent à parti l'OMS sur cette question. Ce groupe a depuis lors entrepris une opération de communication auprès des ministres de la santé du monde entier afin de rendre publique la position de l'OMS, en les priant de combattre la promotion de l'homéopathie pour ces maladies dangereuses.

Ci-dessous quelques extraits de prises de position de membres de l'OMS :

Dr Mario Raviglione, Directeur, Département Stop Tuberculose, OMS: « La directive justifiée du traitement et de la direction de l'OMS, ainsi que The Internatiobal Standards of Tubercolosis » ne recommandent pas l'utilisation de l'homéopathie.»

Dr Teguest Guerma, Directeur Ad, Département VIH/SIDA, OMS: « Le département OMS du VIH et SIDA, investit dans d'immenses ressources non seulement financières mais également humaines […] afin d'assurer l'accès à une information médicale justifiée puis à un traitement sain, efficace et prouvé cliniquement contre le VIH... Laissez moi terminer en félicitant les jeunes cliniciens et chercheurs de Sense About Science pour leurs efforts permettant d'assurer des approches justifiées pour le traitement et l'attention portée aux victimes atteintes du VIH.»

Dr Sergio Spinaci, Directeur Associé, Global Malaria Programme, OMS: « Merci pour la documentation super et pour la dénonciation de cet objet de litige... Le Programme Global de la Malaria recommende le traitement de la malaria suivant les directives de l'OMS pour le traitement de la Malaria.» (Ces directives ne comprennent pas l'utilisation de l'homéopathie).

On peut également relever les commentaires de médecins seniors suivants :

Dr Alastair Miller MA FRCP DTM&H, Médecin Consultant, Service des Maladies Tropicales & Infectieuses, Royal Liverpool University Hospital: « Nous voyons très fréquemment au sein de notre service, des malades venant des pays en développement à qui il a été conseillé d'utiliser des techniques thérapeutiques inappropriées et non démontrées pour soigner leur VIH et qui ne consomment pas les agents antiviraux recommendés. Ceci mène à une tragique et inévitable dégénérescence du système immunitaire et des résultats catastrophiques pour nos malades.»

Dr Peter Flegg MD, FRCP, DTM&H, Médecin Consultant, Département des Maladies Infectieuses, Victoria Hospital:«En tant que médecin qui a eu l'expérience personnelle des effets désastreux des infections en Afrique, je suis franchement atterré par le fait que quelqu'un puisse avoir l'idée de les traiter avec des thérapies irrationnelles, inefficaces et non démontrées. Il existe pour chacune de ces infections un traitement efficace, conventionnel et disponible, et l'utilisation de l'homéopathie pour les soigner est moralement répugnant.»

Ou encore les commentaires de jeunes professionels :

Dr Robert Hagan, Chercheur Postdoctoral, Scientifique Biomoléculaire, University of St Andrews: Il est important que les gouvernements du monde entier reconnaissent les dangers de la promotion de l'homéopathie en cas de pathologies mortelles. Nous espérons que, grâce à une prise de conscience de la position de l'OMS vis-à-vis de l'homéopathie, nous apporterons notre aide aux personnes qui mettent leur vie en danger en utilisant cette pratique potentiellement désastreuse.

Juliet Stevens, Etudiante en médecine, University of Oxford : “Malgré une sensibilisation en Grande Bretagne au désastre médical qui a lieu en Afrique du Sud, rien ne prépare à une crise de cette ampleur. Dans les services pédiatriques, nous rencontrons des enfants atteints du virus VIH au stade III, et les cas de méningite sont fréquents. Le coût des traitements est souvent prohibitif et le déni face au diagnostic du VIH encore courant, ceci créant une cible de population vulnérable aux thérapies non démontrées. »